ETRANGER CHEZ SOI
A tous ceux qui font de la terre qu'ils foulent la leur.
Le sentiment de se sentir chez soi nous rassure. N'est-il pas bon de se retrouver chez soi après une longue route? Les murs que l'on a soi-même décorés nous apportent réconfort, les visages des proches que l'on retrouve, nous sont chaleureux. Cette situation agréable à vivre n'est pas toujours évidente, dès lors que les murs de la maison se transforment en frontières des cultures.
Etre étranger et se sentir chez soi ou être chez soi et se sentir étranger, telle est la situation vécue lorsque l'on se retrouve à un moment donné, partagé entre deux terres. Lorsque l'on s'évertue à faire le lien entre deux cultures sans vouloir appartenir totalement à l'une d'entre elles.
Faut-il vraiment choisir parmi "ses" deux terres pour ne pas dire "ces" terres ? Le pont n'appartient à aucune des deux rives. La nature veut que le pont s'appuie sur ses rives pour se dresser fièrement. Un pont qui choisit sa rive se transforme en pont d'avignon.
Parfois, la décision est prise de choisir une rive. Les riverains d'en face n'acceptent que rarement ce choix et ceux de la rive choisie vous considèrent alors comme l'un des leurs. Ceux qui refusent ou qui ne peuvent choisir sont condamnés à continuer de faire le pont sans solde.
Faire le pont est une richesse que les riverains n'ont pas. Le pont touche les deux rives et s'enrichit des forces des deux. Il est constamment en équilibre et est le seul à pouvoir dire : "Toujours Etranger, je me sens chez moi et Parfois chez moi, je me sens étranger."
FREINER OU ACCELERER
Il est souvent de notre devoir ou de notre responsabilité, à chacun sa lecture des choses, d'appuyer sur le champignon pour que le mouvement ne devienne statique, pour que les acquis perdurent, pour que les imperfections soient gommées.
En ces temps, où tout est fait pour que le frein remplace l'accélérateur. La machine est même parfois complice. La peur de l'inconnu, la sécurité du connu : tous ces maillons s'opposent et finissent par rompre la courroie de transmission qui nous lient à ceux qui nous suivent et génèrent un carambolage.
Face à cette situation, deux thèses se disputent le podium : les prudents amis du frein à main et les visionnaires complices du pied au plancher. Pour toutes ces personnes qui orientent les masses vers le progrès (maîtrisé ou subi) et/ou nous confortent dans la jouissance (contrôlée ou abusive) des acquis pour lesquels les générations passées ont bataillé, la question de la concertation se pose de plus en plus.
L'incapacité si ce n'est l'incompétence criante de l'Homme à négocier les virages de notre planète nous éblouie alors que la nuit la plonge dans la pénombre. La machine nous apprend elle même que le frein est posé à proximité de l'accélérateur pour permettre au pilote, non seulement de choisir, mais également de pouvoir alterner.
Faim dans les capitales et non famine dans le monde, car la famine dans le monde nous a vu naître à l'époque où les caméras étaient occupée à autre chose, fin plusieurs fois annoncée de l'ère du pétrole, travaux scientifiques sur l'infiniment petit pour s'adapter aux réalités changeantes de notre planète, batailles pour l'eau et le climat, autant de giratoires à plusieurs sorties, lesquelles prendrons-nous?
Saurons nous freiner à temps et accélérer au bon moment, ou l'inverse. Hélas, nous allons droit dans le mur. L'intérêt des uns ne fait pas le bonheur de la planète. Ce raisonnement me parait stupide, car il annonce également la fin de ceux qui freinent et accélèrent à tout va et de façon désordonné, suivant les fluctuations des cours. Mais le fait est que l'on assiste à son sacre.
Le paysage qui défile alors que nous filons vers le rivage est sombre. Il ne l'a pas toujours été et doit changer. Les solutions, qui constituent la trajectoire à suivre pour y arriver, sont connues. Les peuples décident de mener des actions localement en se disant que ce sera déjà ça de gagner. Mais il reste vrai, qu'un virage réussi nécessite à la fois une maîtrise de sa trajectoire, mais aussi de sa vitesse. Le pilote se doit de réajuster son allure.
Ce serait simple, s'il n y avait qu'un seul pilote. Malheureusement, la planète est un train à plusieurs locomotives, toutes sur les mêmes rails. Si l'une freine alors que l'autre accélère, si les locomotives ne peuvent s'accorder, c'est le déraillement assuré.
Par contre, et c'est là que les peuples se doivent d'intervenir, les wagonnets peuvent imprimer un mouvement aux locomotives, si elles sont suffisamment massives et coordonnées, elles orienteront les locomotives et le train dans un sens ou l'autre : la chute ou non.
Ce ne sont pas des actions locales et isolées qui le permettront, mais un mouvement d'ensemble, qu'il faut construire et dont il faut élargir la masse pour que la force en soit augmentée. Comme tout mouvement d'ensemble, il y a toujours un début. peut être assistons-nous depuis quelque temps à la naissance de ce mouvement des wagonnets.
Les problèmes de la planète son légions, il y a de quoi faire. Freiner ou accélérer, le plus important est d'être l'un à côté de l'autre et de dialoguer pour coordonner les efforts de uns et des autres.
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